Hier soir, j'ai donné une conférence à l'Europa Uomo Academy sur les troubles sexuels et la rééducation sexuelle après un cancer de la prostate. Cette académie a pour objectif l'autonomisation des patients ! 27 personnes venues de différents pays étaient présentes. Impressionnant.
Nous tenons à remercier tout particulièrement André Descamps, de l'ASBL « Wij Ook Belgium », pour sa belle introduction et pour avoir si clairement mis en avant le point de vue des patients dans la discussion.
Un témoignage m'a particulièrement marqué : un patient a raconté qu'il avait attendu 16 ans avant de découvrir l'existence des prothèses péniennes.
Seize ans.
C'est frappant, mais cela soulève également une question plus large pour nous, en tant que communauté médicale : informons-nous réellement les patients d'une manière qui leur permette de comprendre, de retenir et de consulter à nouveau ces informations ultérieurement ?
Avant le traitement du cancer de la prostate, les patients doivent assimiler une quantité considérable d'informations. Il est compréhensible que leur première préoccupation soit le cancer lui-même. Il ne suffit donc pas de leur expliquer une seule fois, avant l'opération, les conséquences sur la vie sexuelle et la rééducation.
Nous devons expliquer, répéter, réévaluer et favoriser la prise de décision partagée tout au long du parcours de soins contre le cancer.
C'est également pour cette raison que des initiatives telles que le guide sur la prise de décision partagée, élaboré par l'ASBL Wij Ook Belgium, sont si précieuses : les patients ont besoin d'outils accessibles qui les aident à comprendre leurs options, à définir leurs priorités et à participer activement aux décisions concernant leurs soins.
Et il existe bel et bien des solutions.
En fonction de chaque patient, ces traitements peuvent inclure des médicaments, des injections, des traitements mécaniques et la pose d'une prothèse pénienne. De plus, le rétablissement sexuel va bien au-delà des érections : l'orgasme, l'éjaculation, les modifications du pénis, la climacturie, l'intimité et l'impact sur le partenaire méritent tous une attention particulière.
Le 3 octobre, nous organisons, en collaboration avec l'ASBL Wij Ook Belgium, un événement spécialement destiné aux patients à la Clinique Saint-Jean de Bruxelles, dans le but précis de fournir aux patients et à leurs proches des informations claires et fondées sur des données scientifiques concernant ces sujets.
Le cas de ce patient qui a attendu 16 ans reste gravé dans les mémoires. Mais le message va plus loin : le suivi du cancer de la prostate ne se résume pas à la surveillance du taux de PSA.
Le suivi oncologique reste essentiel, mais une prise en charge de qualité des survivants doit également tenir compte de la manière dont le patient vit réellement après le traitement.
Le suivi des patients atteints de cancer devrait porter à la fois sur la survie et sur la qualité de vie.
Il est recommandé d'orienter rapidement les patients vers des professionnels spécialisés.
#Urologie #Andrologie #Éducation des patients #EuropaUomo
Boston Scientific Urology, Coloplast, Rigicon® Innovative Urological Solutions, Koenraad van Renterghem — merci aux sponsors qui rendent possibles de tels événements, ainsi qu’à tous les intervenants qui ont pris le temps de participer (trop nombreux pour être tous cités) : Hein Van Poppel, Bertrand Tombal