La thermothérapie à la vapeur d’eau pour le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate

par Dr. Sam Ward - MediQuality

BRUXELLES 23/11 - L’hypertrophie bénigne de la prostate touche 110 millions d’hommes a travers le monde[1]. Les traitements les plus courants aujourd’hui sont la résection transurétrale par voie endoscopiqu (TURP) et l’énucléation au laser Holmium de l’adénome prostatique (HOLEP). La Clinique Saint-Jean de Bruxelles propose désormais une troisième technique, baptisée REZUM, qui ne provoque pas de dommages collatéraux, à la différence des traitements dits classiques, TURP et HOLEP. REZUM préserve notamment la fonction sexuelle et l’éjaculation.

Un gonflement bénin de la prostate, qui débouche le plus souvent sur des problèmes urinaires, peut fortement altérer la qualité de vie des patients. Ceux-ci se plaignent d'un jet faible, de mictions fréquentes, de difficultés à démarrer la miction, qui se fait ensuite en deux temps, et de l'obligation de se lever la nuit pour uriner, ce qui provoque une fatigue en journée. Plusieurs traitements sont disponibles aujourd'hui. En fonction des symptômes, de l'examen clinique et des attentes des patients, les urologues leur proposent des solutions personnalisées.

TURP, HOLEP ou REZUM ?

L'hypertrophie bénigne de la prostate peut être traitée par voie endoscopique au moyen d'une résection transurétrale (TURP), par énucléation au laser Holmium de l'adénome prostatique (HOLEP) ou par thérapie à la vapeur (REZUM).

La technique dépend de l'anatomie de la prostate (volume et présence d'un lobe médian). TURP et REZUM peuvent offrir un résultat satisfaisant  pour des volumes jusqu'à 80-90 ml sans lobe médian trop important. HOLEP offre une solution pour les prostates plus larges. Dans le cas de TURP et HOLEP, la procédure prend approximativement 60 minutes et l'hospitalisation deux jours minimum. L'éjaculation rétrograde est un symptôme postopératoire. Avec la nouvelle thérapie à la vapeur REZUM, les patients bénéficient dorénavant d'une procédure bien moins lourde. Le traitement est peu invasif, ne prend  que 10 à 15 minutes et peut même, dans certains cas, se dérouler sous anesthésie locale. Une hospitalisation d'une nuit en moyenne est recommandée.

Ce séjour raccourci est possible parce qu'il n'est pas nécessaire de procéder à un rinçage continu. De plus, par rapport à d'autres traitements endoscopiques, l'intervention n'a pratiquement pas d'effets secondaires : la fonction sexuelle et l'éjaculation sont préservées, les plaintes post-opératoires sont minimes. 57 % des patients traités ne signalent aucune miction irritante après l'opération, contrairement au traitementendoscopique classique[2].

Une première à Bruxelles et en Wallonie

Le Dr Sam Ward, urologue et Fellow du European Board of Urology (FEBU) et du European Council for Sexual Medicine (FECSM), ainsi que l'équipe d'urologues de la Clinique Saint-Jean, ont suivi une formation spécifique pour réaliser cette intervention. « Les traitements de la prostate ont souvent de lourdes conséquences pour le patient, notamment sur le plan sexuel. Le traitement par la thermothérapie à la vapeur d'eau permet de les éviter pour l'hypertrophie bénigne de la prostate. Cela n'est pas sans importance pour un problème qui touche souvent des hommes sexuellement actifs. Je me félicite donc que l'équipe d'urologie de la Clinique Saint-Jean soit la première à proposer ce traitement innovant à Bruxelles et en Wallonie. »

La technique REZUM a été développée par les experts médicaux de Boston-Scientific et est appliquée depuis cinq ans notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les résultats sont extrêmement favorables, et la grande majorité des patients ont été soulagés de leurs plaintes après l'opération. Pour l'instant, le matériel utilisé durant l' interventiont n'est pas encore remboursé, mais l'opération et l'hospitalisation le sont.

 

[1] https://news.bostonscientific.com/2019-01-25-New-Four-Year-Data-Demonstrate-Rezum-TM-Water-Vapor-Therapy-Offers-Significant-Durable-Improvement-of-Benign-Prostatic-Hyperplasia-Symptoms

[2] Kevin T. Mc Vary et al, Urology. 2019 Apr;126:171-179

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